Albarelli

1990-1995

200x140cm
Toile tendue sur châssis, acrylique sur toile

On peut remarquer d’abord que l’étranglement central de l’Albarello construit une figure inversée de celle que proposaient les losanges et qu’en ce sens cette nouvelle série est un prolongement cohérent de la précédente, dans l’ordre des schémas qui , impérativement, dictent au peintre le mode d’organisation de ses tableaux. Le trait que trace Desbouiges est, d’une certaine manière ,toujours le même et il poursuit systématiquement de séries en séries, l’événement articulé de sa propre histoire, d’une manière sans doute largement indépendante de la volonté consciente du peintre, dont la décision ne joue que dans la sélection secondaire des variantes au fil anecdotique desquelles le trait de fond, archétypal, poursuit sa narration caractérielle. …/..

Si le travail de Desbouiges a un intérêt, c’est pour assumer absolument cette réalité, c’est-à-dire à la fois cette passion obsessionnelle des formes réitérées ET cette  inventivité voluptueuse des variantes qui construisent l’oeuvre comme histoire interne de son propre développement. ../..

Prenant par l’étranglement de la taille les vases d’élection que sont les Albarelli, Desbouiges pose la force et la forme d’un Eros masculin devant la tentation féminine que représente à la fois la symbolique du vase et la découpe ambiguë du dessin schématique de ce vase (la ligne de corps féminin que ce dessin propose et qui, de toile en toile, organise et cloisonne l’espace). ../..

Christian Prigent,  1992, extraits de “La cruche cassée”, Éditions Fragments

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